
Traverser l’entre-deux, relire l’année, accueillir le nouveau
Le passage à la nouvelle année est, pour certains, insignifiant.
Pour d’autres, il est festif, bruyant, parfois étourdi.
Et pourtant, même si le calendrier ne changeait rien,
même si l’extérieur semblait identique au lendemain…
le passage, lui, peut être intérieur.
Car il existe des passages qui ne se comptent pas.
Ils ne se datent pas.
Ils ne se mesurent ni en jours,
ni en semaines,
ni en résolutions.
Le passage est souvent un entre-deux.
Entre l’ancien et le nouveau.
Entre ce qui n’est plus
et ce qui n’est pas encore.
Et cet entre-deux n’est pas toujours confortable.
Comme le papillon dans son cocon,
le passage peut être étroit, lent, pénible.
Un temps de resserrement.
Un temps où l’on ne reconnaît plus ce que l’on était,
sans encore savoir ce que l’on devient.
Mais c’est précisément là,
dans cet inconfort silencieux,
que quelque chose peut advenir.
Car le passage n’est pas une parenthèse inutile.
Il est un lieu de transformation.
Cette année écoulée, pour beaucoup, a été traversée de tempêtes.
Certains ont tenu.
D’autres ont vacillé.
Certains ont touché le fond.
Et toucher le fond n’est pas un échec.
C’est parfois le seul endroit
à partir duquel on peut remonter.
Peut-être que cette année n’était pas faite pour réussir,
ni pour performer,
ni pour cocher des cases.
Peut-être était-elle faite pour apprendre.
Apprendre que la vulnérabilité ouvre.
Que la souffrance, loin d’être une condamnation,
peut devenir une brèche dans le cœur.
Une ouverture par laquelle la grâce circule.
Une force qui ne dépend pas seulement de nous.
Une force plus grande…
et pourtant infiniment proche,
déjà là,
au-dedans.
La nouvelle année peut alors devenir une invitation.
Non pas à tout changer.
Mais à demander.
Demander de l’aide.
Demander du soutien.
Demander à aller mieux.
Car demander demande du courage.
Et reconnaître que l’on ne peut pas tout porter seul
est déjà un passage en soi.
Peut-être que 2026 ne sera pas la disparition de toutes les épreuves.
Mais l’assemblage patient
de toutes ces petites victoires invisibles.
Celles traversées dans la fatigue,
dans la peur,
dans le doute.
Mises bout à bout,
comme un collier de perles,
elles forment un sens.
Et ce collier devient peu à peu une couronne.
Une couronne qui ne brille pas par la performance,
mais par la fidélité au vivant.
Une couronne qui ne brille pas seulement dans cette vie.
Mais dans la Vie,
avec un grand V.
« Et voici, Je fais toute chose nouvelle ».


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